Mercredi le 03 Juillet 2013, s’est présenté au CNPK Mr BAMBOSHE Eddy, un malade mental venu de la province de MWARO ; son état physique était très alarmant : ligoté par des chaines et des cadenas sur ses deux jambes, son bras droit était aussi amputé suite aux infections causées par les enchainements subis dans le passé.
D’après lui, c’est sa propre famille qui est responsable de cette sale tragédie : « Avant d’aller vaquer à leurs activités quotidiennes, ils me laissaient attaché avec des chaines en métal sur un objet solide. En attendant leur retour, je criais énormément et même les voisins ne venaient pas à mon secours, disant que je suis un fou. Un jour, j’ai pu les échapper et je me suis dirigé vers KANYOSHA à Bujumbura où habite mon cousin. Lui aussi, il m'a fait venir au CNPK et m’a abandonné seul en hospitalisation sans garde malade. La famille me force de prendre les médicaments traditionnels, moi je ne veux pas. Je sais que les médicaments qu’on me donne ici à l’hôpital me stabilisent bien. Mais je suis indigent, je n’ai pas de moyens, je dois interrompre chaque fois le traitement. Je remercie beaucoup le CNPK qui m’a accueilli sans demander la caution et qui me soulage dans ma souffrance» évoque le malade, après avoir retrouvé la stabilité.
Après avoir vu cette situation, le médecin chargé du pavillon des hommes (A) a averti la direction du CNPK. Le directeur avec le chargé du service qualité de soins, statistiques, sensibilisation et formation (QSSSF) ont alerté la Radiotélévision REMA FM. Nos vifs remerciements à cette Radio qui a donné un service gratuit en diffusant ce cas de violence à la dignité humaine.
Nous lançons alors un appel :
- A toute la population : de ne plus stigmatiser les malades mentaux et de cesser de torturer les malades mentaux
- Aux organes compétents en matière de droits de l’homme : de se rendre compte que les malades mentaux subissent des maltraitances : une loi pour protéger et défendre leurs droits et leur dignité s’avère indispensable.
Il est temps que les associations qui luttent pour le respect de la dignité de l’homme prennent cette question en main et qu’elles fassent une plaidoirie et une sensibilisation à grande échelle.
NARAMBE Jean-Jacques,
Coordinateur Qualité de Soins, Statistiques, Sensibilisation et Formation