Centre Neuro-Psychiatrique de Kamenge

Référence Nationale en Santé Mentale

Les moments de la crise que notre pays a vécus ont laissé beaucoup de blessures et de dégâts dans la société burundaise et la santé mentale n’a pas été épargnée. Cela se fait remarquer par des chiffres croissants des malades mentaux et de troubles mentaux enregistrées par le CNPK. Ces défis décris ici-bas handicapent la qualité de soins et la promotion de la santé mentale en général.

  • Infrastructures et équipement : Les infrastructures nécessitent une réhabilitation, le matériel et le mobilier sont insuffisants.
  • Surnombre de malades : Le personnel malgré des efforts constants et un dévouement permanent, ne peut plus répondre à la charge de travail considérablement alourdie par le surnombre des hospitalisés.
  • Toxicomanie (un fléau) : Nous sommes aussi confrontés aux problèmes épineux de toxicomanie qui nécessitent à eux seuls une prise en charge très spécifique en collaboration avec les familles afin de promouvoir des soins appropriés et des résultats thérapeutiques efficaces.
  • Manque d’une unité de pédopsychiatrie : les statistiques au CNPK montrent un pourcentage significatif d’enfants et mineurs surtout en consultation ambulatoire. Il y a donc nécessité d’une unité de prise en charge ambulatoire avec quelques lits d’observation ou courte durée d’hospitalisation.
  • Rechutes répétitives : Beaucoup de malades tombent dans des rechutes répétitives à cause de l’inobservance thérapeutique: leurs familles ne les accompagnent pas dans leur vulnérabilité.
  • Les causes de rechutes : Les causes sont multiples mais une cause à ne pas oublier est celle liée au désœuvrement/chômage. Une fois sortis de l’hôpital, les malades qui étaient hospitalisés ne trouvent pas du travail, ils perdent leur estime de soi, ils ne trouvent pas les moyens de survie et ne peuvent pas payer les soins médicaux etc….
  • Problème d’accessibilité aux médicaments : les médicaments psychotropes ne sont pas trouvables dans les pharmacies locales (seulement quelques molécules). Même la CAMEBU ne fait pas de commandes comme pour les autres médicaments somatiques. Le CNPK utilise les médicaments commandés en Belgique.
  • Indigence/pauvreté : Beaucoup de malades se découragent et arrêtent le traitement à cause du manque des frais de transport et les moyens pour acheter les médicaments alors que le traitement est continuel pour la majorité des patients. Le CNPK doit encaisser les dettes des patients incapables de recouvrer à cause de cette situation.
  • La pauvreté/l’indigence est un problème réel et généralisé : Les soins psychiatriques sont difficiles à gérer. Les médicaments et l’hospitalisation coûtent cher car les malades restent longtemps à l’hôpital (35 jours en moyenne). Même les familles aisées éprouvent des difficultés à payer les coûts des soins. Cela pousse à l’arrêt du traitement et entraîne des rechutes répétitives.
  • Recours à la médecine traditionnelle et chambres de prières : Les autres malades/ familles font recours à la médecine traditionnelle et les séances de prières et ne font recours qu'au CNPK quand le malade n’est plus maitrisable.
  • Sensibilisation : Le CNPK fait aussi face à un défi d’envergure, celui de la sensibilisation de la population burundaise au sujet de la santé mentale. Beaucoup de malades mentaux sont considérés comme des ratés de la société d’où la stigmatisation généralisée.
  • Sensibilisation : Les familles malgré leurs limites devraient accompagner leurs malades, leur donner un encadrement surtout après la sortie de l’hôpital. Elles devraient assurer leur suivi quotidien pour que leur stabilité soit rétablie.
  • Le CNPK est la seule structure de référence nationale et est situé à l’OUEST du Pays ce qui ne facilite pas l’accessibilité aux soins.
  • La santé mentale n’est pas parmi les priorités du Ministère de la Santé Publique : la stratégie nationale de soins de santé mentale (2010-2014) est encore embryonnaire (pas de mise en application effective).
  • Absence de services décentralisés et intégrés dans des structures de soins de santé primaires.
  • Absence de la législation en santé mentale au Burundi : pas de lois protégeant les droits des malades mentaux.
  • Manque de personnel qualifié en santé mentale (un psychiatre pour tout le pays, 2 infirmiers psychiatrique dans tout le pays et un bon nombre de psychologues mais qui n’œuvrent pas en santé mentale.
  • Absence de surveillance et recherches en santé mentale au Burundi : les soins de santé mentale ne peuvent pas se développer aussi longtemps qu’il n' y a pas de surveillance et recherches pouvant révéler les vraies réalités en santé mentale au Burundi.
  • Absence d’un cadre de coordination des intervenants : Il existe certains intervenants en santé mentale (associations des psychologues, TWAGURUMUTIMA, HealtNet, TPO etc… pour les interventions psychosociales communautaires) mais leurs interventions ne sont pas coordonnées.