Le 29e cas clinique au CNPK : Présentation et exposé
Le 29è cas clinique, identifié par une équipe multidisciplinaire du pavillon des Femmes, a été présenté et exposé le 27 février sous la direction du Dr. Raïssa KWIZERA, médecin consultant. Il s'agit d'une adolescente de 15 ans, cinquième d'une fratrie de six enfants, célibataire et de religion protestante. Son père a eu un autre enfant hors mariage. Elle a été admise au CNPK en décembre 2024, accompagnée de sa mère, avec les symptômes suivant : instabilité psychomotrice, délire mystico-religieux, délire de persécution, hallucinations auditives et visuelles, solirire , soliloquie, gestes bizarres, destruction des biens, etc évoluant depuis environ un an.
La patiente avait suivi sa scolarité jusqu'en 9è année, où elle a redoublé, mais il est important de noter qu'elle était brillante avant l'apparition de la maladie. Cependant, en 9è année, elle a commencé à avoir de nombreuses rechutes, ce qui l’a poussée à abandonner l'école.
Dynamique Familiale
Globalement, elle entretient de bonnes relations avec ses frères et sa sœur. Toutefois, sa dynamique familiale est marquée par une absence de cohésion et des tensions conjugales. Issue d’une grossesse non désirée par son père. Il aurait exprimé le jour de sa naissance que sa maman : « yavyariye abahimbiri ». De plus, sa mère a souffert de maltraitances de la part de son mari durant la grossesse et après la naissance de l’enfant, son père a également eu des relations extraconjugales.
Hospitalisation et Diagnostic
Malgré le traitement, la patiente a connu une légère amélioration, avec l’apparition de nouveaux symptômes inquiétants et des réactions très intenses. Après une discussion clinique, le diagnostic suivant a été retenu : Schizophrénie dysthymique. La patiente a été mise sous traitement dans le but de réduire ou d’éliminer les symptômes, prévenir les rechutes, rétablir ses liens sociaux et familiaux,…
Difficultés rencontrées
Le suivi médical de cette patiente a soulevé plusieurs difficultés. Malgré la prise en charge, elle n’a pas montré d’amélioration significative. Elle a également présenté des effets secondaires liés aux médicaments, accentuant sa vulnérabilité. De plus, l'absence d'information de la part de son père lors des entretiens familiaux a compliqué la prise en charge. Il est également à noter que la période d’adolescence coïncidant avec l'apparition de la maladie a joué un rôle dans l’évolution de son état.
Recommandations et Conclusion
La conjugopathie, c'est-à-dire les troubles liés aux conflits conjugaux et à l'absence de cohésion familiale, peut avoir un impact profond sur la santé mentale de l’enfant.
Un environnement familial marqué par des tensions et des conflits peut favoriser le développement de troubles émotionnels et comportementaux chez les jeunes. Il est donc crucial de promouvoir la bonne collaboration et de favoriser des relations harmonieuses au sein du couple, de la famille et de la communauté en général. Cela passe notamment par des séances de sensibilisation ciblées, tant au niveau individuel que familial, et à l’échelle de la communauté.
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