Les cas cliniques : un outil de formation continue au C.N.P.K
Au Centre Neuro Psychiatrique de Kamenge (CNPK), les cas cliniques font partie intégrante du processus de formation continue pour les équipes soignantes. Cette activité, organisée régulièrement (une fois le mois depuis 2021), permet de partager et d'approfondir l'étude des cas complexes pris en charge dans l'établissement.
Qu'est-ce qu'un cas clinique au CNPK ?
Un cas clinique correspond à la présentation détaillée d'un patient dont le suivi pose des défis particuliers. Chaque pavillon du CNPK est chargé d'identifier un cas intéressant, qui ne serait pas forcément fréquent ou qui soulève des problématiques spécifiques. L'équipe pluridisciplinaire en charge de ce patient (médecin, psychologue, ergothérapeute, un agent du social, infirmier et celui du pastoral) prépare alors une présentation pour la partager avec l'ensemble du personnel soignant.
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Encore une fois, un acte d’assistance aux malades hospitalisés au CNPK.
C’est dans l’avant-midi du Vendredi 26 Juillet 2024, qu’une équipe composée d’une vingtaine de personnes est venue rendre visite aux malades qui sont hospitalisés au CNPK en leur apportant une aide. Ces gens, au bon cœur, humanistes,…comme les malades leur ont surnommé, ont été accueillis par Mme Médiatrice NSENGIYUMVA cheffe nursing et Michel NAHAYO chargé du stock.
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Renforcement des capacités du personnel, une routine au CNPK
Former le personnel du centre est l’une des priorités des activités du P.A.A (plan d’action annuel), dit Mme Constance, chargée des formations au CNPK. Les thèmes de formation selon chaque domaine sont choisis par les chefs de service ou de poste ainsi que les participants à former. La plupart de ces formations sont internes et sont financées par 2 partenaires potentiels dont MSV (Médecins sans Vacances) et Fracarita et quelquefois par la coopération suisse. Toutes ces formations sont planifiées et exécutées à des périodes précises ; Pour le personnel soignant, l’accent est surtout mis sur les nouveaux recrus pour s’habituer au monde psychiatrique, mais sachez que, comme Mme Constance l’explique, les anciens bénéficient aussi des formations de recyclage afin d’être à jour puisque la médecine évolue, dit-on. Et à part le personnel soignant, d’autres domaines sont aussi formés.
Dans la semaine du 8 au 12 Juillet 2024, le personnel soignant composé de nouveaux médecins et infirmiers ont été formés « en matière de sémiologie, d’orientation/discussion diagnostique en psychiatrie ». L’objectif de cette formation était d’améliorer la qualité des soins et en les améliorant, il faut renforcer d’abord les capacités des prestataires de soins. Les thèmes traités étaient repartis en 3 points selon Dr Godelieve NIMUBONA, formatrice et médecin psychiatre au CNPK.
- Sémiologie psychiatrique
Il s’agit d’évaluer le patient sur le plan psychique, ceci tient compte de l’examen clinique et le patient est évalué sur deux éléments principaux :
ü Au niveau du comportement, six éléments sont évalués :
- Présentation corporelle et vestimentaire,
- Langage (discours)
- comportement moteur,
- les conduites instinctuelles (Est ce que le patient dort comme il faut, il mange convenablement, il/elle ne présente pas de soucis lors des relations sexuelles si il/elle est marié.e car beaucoup n’osent pas le dénoncer.)
- Du point de vue social, est ce que le patient a de bonnes relations dans sa communauté, il n’est pas agressif, ce n’est pas un malade qui erre dans les rues et qui disparait de temps en temps.
ü L’examen psychique de base : ce deuxième élément comprend six items à évaluer : il s’agit :
- De l’état de conscience (vigilance, attention, orientation spatio-temporelle)
- De la mémoire (de fixation ou d’évocation)
- De l’humeur (triste, joviale, labile)
- De la perception (hallucination, des illusions
- De la pensée : ici on évalue le cours et le contenu de la pensée, au niveau du contenu, nous retrouvons des idées délirantes, des ruminations anxieuses, des idées suicidaires.
- Son mode de jugement, son raisonnement, la perception de sa maladie, etc.
En plus de cet examen psychiatrique, le thérapeute doit évaluer le patient sur le plan physique, sa biographie, sa dynamique familiale, son mode de vie et sa conduite addictive, ses croyances culturelles, Tous ces éléments contribuent à l’évaluation clinique du patient.
- Le regroupement syndromique
Il s’agit de regrouper les différents éléments retrouvés dans l’examen psychiatrique dans un syndrome. C’est ce regroupement qui permettra de reconnaitre si le patient, devant un tel syndrome peut présenter quelle sorte de pathologie (est-ce une psychose, un problème de l’humeur, de dépendance aux substances psychoactives, problème anxieux, problème démentiel ou confusionnel ?)
- Le diagnostic à poser.
Apres avoir énumérer tous les syndromes, c’est le moment de penser quelle pathologie à relever à partir des données déjà eues ?
Après la formation, Dr Godelive NIMUBONA, formatrice et médecin psychiatre souhaite avoir les compétences des formés s’améliorer car la plupart ont des connaissances insuffisantes dans le domaine psychiatrique. Pour ce fait, elle déplore que les cours de la santé mentale ne soient pas pris en compte de façon satisfaisante dans les universités ou instituts des sciences de la santé à part l’INSP qui dispose l’option de la santé mentale. En tant que médecin psychiatre, Dr Godelive promet de continuer à contribuer dans l’amélioration de la qualité des soins à travers ces formations, des cas cliniques et la gestion des cas les plus difficiles.
La santé mentale au Burundi est une préoccupation de tout un chacun, il n’y a même pas une bonne santé sans santé mentale. En effet, les malades ayant des troubles mentaux sont hantés à plusieurs défis notamment la cherté des soins. Le CNPK, un centre de référence nationale en santé mentale, à part le traitement des malades, offre également d’inestimables services pour ceux qui ont été abandonnés par les leurs ou ceux qui sont dans l’incapacité de se payer la facture en attendant que leurs problèmes soient résolus. Et parfois, des âmes charitables contribuent souvent au paiement des factures de quelques patients démunis.
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